1 janvier 2026

L’avenir énergétique de la France : entre ambitions et incertitudes législatives

La France prend du retard sur la définition de sa feuille de route énergétique (PPE 3). Ce manque de visibilité fragilise le financement des projets d’énergies renouvelables. Un enjeu de taille : chaque zone d’ombre augmente le coût du capital et, par ricochet, le prix futur de l’électricité.

Difficile de définir sa trajectoire quand on est dans le flou du brouillard. L’absence actuelle d’un cadre législatif clair, consécutive à l’instabilité politique depuis 2024, plonge l’ensemble des filières énergétique dans une incertitude préoccupante. Ce manque de visibilité sur les trajectoires nationales ne freine pas seulement le développement technique : il impacte directement la capacité des porteurs de projets à sécuriser leurs financements, retardant ainsi la transition énergétique nécessaire pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

La PPE : une boussole en attente de mise à jour

Pour piloter cette transition, la France s’appuie sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), une feuille de route à 10 ans. Ses piliers sont la réduction de la consommation, la sortie des fossiles et la souveraineté énergétique via une production décarbonée. Si l’électricité française est très peu carbonée, elle représente moins d’un tiers de la consommation finale d’énergie, loin derrière le pétrole et le gaz. Ces énergies fossiles pèsent lourdement sur la balance commerciale française et menacent sa souveraineté car elles sont presque intégralement importées.

La PPE 2 (2019-2028) a permis des avancées réelles, notamment via les appels d’offres PPE qui stimulent le développement des filières d’énergies renouvelables en sécurisant la rentabilité des projets lauréats. Contrairement à une idée reçue, l’État ne garantit pas un prix d’achat fixe, mais propose un complément de rémunération : un mécanisme qui compense l’écart entre le prix de marché et un prix cible.

Vers une PPE 3 : des enjeux de coûts majeurs

Le passage à la PPE 3 (2024-2035) accuse aujourd’hui un retard législatif conséquent. Les débats au Parlement ont été marqués par des propositions de moratoires sur les énergies renouvelables, finalement rejetées et largement décriées par tous les spécialistes des sujets énergétiques.
Pour les acteurs du secteur, cette attente a un coût concret. L’incertitude réglementaire augmente le profil de risque des projets, ce qui renchérit le coût du financement auprès des banques. Ce surcoût du capital pour les infrastructures se répercute inévitablement sur le coût complet de production et, in fine, sur le prix de l’électricité pour le consommateur. La clarification du calendrier législatif est donc une urgence autant économique qu’énergétique.

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