31 décembre 2025

L’agriculture change, les terres doivent pouvoir suivre

Enfermer l’agriculture d’aujourd’hui dans des pratiques pour plus de quarante ans est un risque majeur du développement de l’agrivoltaïsme. Les dernières décennies ont vu des évolutions structurelles majeures, de la chute du cheptel bovin à la montée des oléagineux.

Quarante ans : c’est la durée de la plupart des baux signés pour des projets agrivoltaïques. Ajoutez à cela les années de développement de projet et vous obtenez une durée d’au moins quarante-cinq ans entre la date de signature et le démantèlement de la centrale agrivoltaïque.

Dans une publication de juin 2025, l’INSEE recense plus de quatre décennies d’évolutions des productions agricoles, entre 1980 et 2024. Plusieurs secteurs ont connu des changements majeurs : le nombre de vaches laitières a été divisé par plus de deux, passant de 7,1 à 3,3 Millions de têtes sur la période. Dans le même temps, les surfaces cultivées en oléagineux ont augmenté de 434 % et le vignoble français a perdu plus d’un tiers de sa surface.
Des régions viticoles historiques arrachent des hectares par milliers pendant que des territoires septentrionaux voient revenir cette culture longtemps disparue.

Une adaptation constante des pratiques

Certains changements se font à une vitesse encore plus fulgurante : les surfaces de PPAM (1) ont ainsi augmenté de 63 % en moins de dix ans d’aprèsun autre rapport de l’institut national de la statistique. Certes, le nombre d’hectares est infime au regard de la SAU (2) nationale, mais la dynamique reste remarquable.
Au-delà de l’assolement, les modes de production ont eux aussi profondément évolué dans une grande partie des filières françaises.

Ces transformations s’expliquent par de multiples facteurs : innovations technologiques et agronomiques, évolutions démographiques, changement de la demande, contraintes environnementales ou encore adaptation au changement climatique.

Et tout indique que ces mouvements s’accélèrent. Au quart du XXIe siècle, il est impossible de prédire la physionomie de l’agriculture française en 2050. Les baux de projets agrivoltaïques initiés aujourd’hui courront pourtant jusqu’aux années 2070.

Penser l’adaptabilité, pas la rigidité

Il est donc primordial que les fermes françaises gardent leur capacité d’adaptation et d’évolution, et qu’elles ne soient pas figées dans un modèle imaginé des décennies plus tôt.

Pourtant, une part importante des projets agrivoltaïques actuels s’accompagnent d’un gel de l’usage du sol. Là où des panneaux fixes sont installés à une hauteur pensée pour l’élevage ovin, plus aucune autre production agricole n’est envisageable — sauf, peut-être, quelques parcours de volailles.

Là où les vaches passent, les moutons aussi. L’inverse n’est pas vrai.

Penser correctement un projet agricole sur plusieurs décennies, c’est penser sa capacité à évoluer. Cela concerne autant l’infrastructure matérielle que la dépendance économique à un atelier ou des engagements contractuels qui peuvent conditionner le fonctionnement d’une exploitation et ses itinéraires techniques.
Les blocages contractuels dans certains projets agrivoltaïques constituent un vaste sujet encore peu abordé, sur lequel nous reviendrons prochainement.

 

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