Dans certains discours ou livrables visant à promouvoir des projets agrivoltaïques, le Soleil est parfois présenté comme un adversaire de l’agriculture. Une vision un peu simpliste : la lumière reste l’un des moteurs essentiels de la production végétale. EFEA vous propose quelques repères pour séparer le bon grain de l’ivraie, en commençant par les bons points.
Une centrale photovoltaïque sur des terres agricoles ne peut être autorisée que si elle présente un intérêt agronomique ou un impact limité. Pour justifier leurs projets, certains énergéticiens insistent sur les bénéfices de l’ombrage, quitte à exagérer les effets néfastes de l’ensoleillement. Avant de les relativiser, penchons-nous sur les arguments recevables.
Dans cet article nous nous intéressons aux productions végétales, les productions animales seront traitées ultérieurement.
💧 L’eau : économiser chaque litre
L’intensité lumineuse agit directement sur l’évapotranspiration : plus l’irradiation est forte, plus les plantes et le sol perdent de l’eau. Dans un contexte où chaque litre compte, réduire le rayonnement, c’est réduire le stress hydrique, réduire les besoins en irrigation et donc économiser de l’eau.
Et c’est vrai. Nous l’avons toutes et tous déjà observé. Après une pluie, les zones en plein soleil sèchent nettement plus vite que les parties ombragées d’un champ, d’un jardin ou même d’un simple parking. L’ombre agit comme un frein naturel au dessèchement.
🌡️ Température : ralentir pour mieux mûrir
La croissance des cultures dépend de plusieurs facteurs : eau, lumière, nutriments… mais aussi chaleur. Le rythme de développement végétatif est souvent suivi à l’aide des degrés-jours (DJ), qui traduisent la quantité de chaleur accumulée au cours du cycle d’une culture.
Le rythme de pousse et de maturation dépend directement de cette mesure. Avec le changement climatique, des filières en font directement les frais dans les bassins de production les plus exposés. La viticulture en fournit un exemple clair : des vendanges plus précoces, une maturation parfois trop rapide, et des équilibres aromatiques mis à mal.
L’ombrage réduit la température de l’air et surtout celle du sol. En ralentissant l’accumulation thermique, il peut contribuer à préserver la qualité ou la quantité de certaines productions lors d’années chaudes.
☀️ Lumière : une énergie à doser
La lumière est indispensable à la photosynthèse. Mais au-delà d’un certain seuil, les rayons brûlent. Comme nous, les plantes peuvent subir des coups de soleil. On observe de plus en plus les effets d’un rayonnement devenu excessif sur certaines cultures : photoinhibition, dégradation des pigments, brûlures foliaires ou sur fruits et donc pertes de rendement.
Là encore, l’interception des rayons directs par un panneau solaire apporte un ombrage qui protège contre ces excès ponctuels.
📱Une question de mesure
L’ombre peut ainsi présenter de sérieux atouts dans certains contextes : réduction de l’exposition à la sécheresse et de la consommation d’eau, atténuation des températures trop élevées ou protection d’un rayonnement excessif.
Tout est cependant question de mesure et de répartition… L’ombrage peut vitre être contre-productif. Nous traiterons donc prochainement de ces effets négatifs et de l’intérêt des systèmes mobiles pour trouver un juste équilibre.